La Sécurité

Il ne peut jamais y avoir de sécurité à 100 %, surtout dans notre activité, car nous évoluons dans un milieu nautique, quelquefois imprévisible.

La sécurité des pratiquants est conditionnée par une bonne connaissance du milieu nautique, des dangers, et par l’observation stricte des règles de sécurité édictées par la FFSA.

L’encadrement est garant de l’application de ces règles en plaçant les rameurs dans les conditions optimales de sécurité.

navigation_Alain Bichet

Les risques liés à la pratique

Le chavirage

C’est la chute involontaire dans l’eau qui peut être provoquée par des causes multiples. Les chavirages sont la plupart du temps sans gravité :

  • Quand l’eau est tempérée ;
  • Quand les rameurs sont des nageurs expérimentés ;
  • Quand les rameurs sont en bonne condition physique ;
  • Quand il n’y a pas eu une forte collision ;
  • Quand l’encadrement peut intervenir rapidement.

Les principales causes de chavirage

Le niveau de pratique du rameur

Le chavirage intervient le plus souvent pendant les périodes d’apprentissage notamment en bateau court. Comment organiser la sécurité en fonction du niveau du rameur ? Les séances d’initiation doivent être dirigées par un ou plusieurs cadres qualifiés disposant de moyens d’intervention rapide. Le niveau du rameur et les conditions extérieures (température de l’eau, de l’air, courant, vent, etc.) induisent le choix du matériel, surtout en phase d’initiation. Même si le port du gilet de sauvetage n’est pas obligatoire en pratique de club, son utilisation est toutefois recommandée en fonction des publics et des conditions de pratique. Des consignes doivent être données aux débutants, parmi lesquelles :

  • Ne jamais lâcher ses pelles ;
  • En couple, éviter de laisser la poignée de l’aviron aller plus loin que le corps sur l’arrière ;
  • Ne pas chercher à employer trop de force.

Les fautes techniques

Une fausse-pelle, même dans un bateau relativement stable comme un canoë, peut très vite se terminer en chavirage. Cet incident peut arriver quel que soit le niveau du rameur. Comment éviter ce type d’incident ?

  • En restant vigilant pendant toute la sortie ;
  • En restant rigoureux dans l’exécution technique.

Les vagues

Les vagues perturbent énormément la pratique de notre activité: elles peuvent faire chavirer voire couler nos embarcations. Elles ont deux origines différentes :

  • Les vagues provoquées par le vent peuvent rendre impossible toute sortie. Elles sont particulièrement dangereuses quand les coups de vent sont subits et violents (phénomènes fréquents sur les lacs). Si le vent se lève pendant une sortie en bateau, il faut se mettre rapidement à l’abri ;
  • Les vagues provoquées par d’autres embarcations, tels les bateaux à moteur, sont incompatibles avec la pratique de l’aviron. Si les rameurs ne s’arrêtent pas, ils peuvent embarquer de l’eau et couler. Certaines embarcations peuvent même se briser en deux sur des grosses vagues. Les anciens bateaux longs sont les plus vulnérables car manquant souvent de rigidité.

Quelle attitude adopter face aux vagues ? Le responsable doit juger de la taille et de la forme des vagues, du niveau du pratiquant, de l’embarcation utilisée ainsi que de l’évolution prévisible des conditions météorologiques avant d’autoriser une sortie. Il privilégie les endroits les mieux abrités en respectant les réglementations en vigueur. Dans certains cas, sont autorisées uniquement les sorties des rameurs expérimentés ou les sorties en bateau long ou en yolette (considérés comme plus stables et passant mieux la vague). Il faut donc conseiller aux rameurs de naviguer en toutes circonstances à proximité des berges et d’anticiper toute dégradation des conditions atmosphériques. Sur les plans d’eau intérieurs, lorsque que l’on rencontre des vagues provoquées par les bateaux à moteur, il est souvent préférable de s’arrêter en respectant quelques consignes :

  • Orienter le bateau parallèlement aux vagues ;
  • Garder les jambes et les bras allongés ;
  • Mettre les palettes à plat sur l’eau ;
  • Faire gîter le bateau (en suivant le rythme des vagues) pour que la bordée qui les reçoit soit plus haute que l’autre.

Le rameur est alors en position de sécurité.

Le matériel

Le matériel peut également être à l’origine d’un chavirage

  • Par une mauvaise utilisation :
    • Barrette mal fermée ou mal vissée ;
    • Cale-pieds mal fixé ;
  • Par un mauvais entretien ou une défectuosité :
    • Desserrage du collier ;
    • Bris ou déboîtement de la poignée ;
    • Casse du manche ;
    • Desserrage de l’axe de la dame de nage ;
    • Déboîtement de l’axe de la barrette ;
    • Crémaillères de barre de pieds dévissées ;
    • Bris de la coque ;
    • Gerce ;
    • Casse du portant.

D’autres problèmes matériels peuvent ne pas être responsables du chavirage mais en aggraver les conséquences :

  • Bouchons de sabord et de nable non fermés ;
  • Lacets de sécurité endommagés ou absents ;
  • Tire-veilles passés autour du corps du barreur.

Comment préserver son matériel ? L’initiateur doit s’assurer du bon état du matériel utilisé. En coordination avec le responsable du matériel :

  • Il consulte le cahier de sortie ;
  • Il questionne les utilisateurs sur l’état du matériel et les oblige à remplir correctement le cahier de sortie ;
  • Il contrôle régulièrement les bateaux et les avirons.

L’entretien du matériel est l’affaire de tous.

Les collisions

Des collisions peuvent se produire régulièrement. Cela peut aller du simple accrochage sans conséquence matérielle jusqu’à des accidents graves avec des dommages corporels. Photo : Berlin 1936 : drame aux Jeux Olympiques. Depuis la boule blanche placée à la pointe avant du bateau est devenue obligatoire (© Archives Fioroni)

Les collisions entre bateaux (abordages)

Ce sont plusieurs embarcations (d’aviron ou autre) qui se percutent. Les raisons essentielles qui peuvent les provoquer sont :

  • Le non respect des règles de circulation ;
  • Le manque de vigilance du barreur ou du rameur de proue ;
  • L’incapacité à ordonner (barreur et encadrement) ou à exécuter (rameurs) les manœuvres d’évitement adéquates.

Les collisions diverses

Le bateau peut percuter un obstacle :

  • Fixe: pile de pont, ponton, haut-fond, bateaux au mouillage…
  • Imprévisible: objet flottant ou parfois envasé. Les périodes de crues sont très propices à la présence de déchets (branches, souches d’arbres, paquets d’herbes et autres objets divers…).

Tous ces objets flottants sont dangereux car ils peuvent détériorer fortement la coque, endommager barre et dérive, voire provoquer des chavirages. Comment éviter ces accidents ? Le rameur doit :

  • Se retourner fréquemment ;
  • Respecter les règles générales de navigation (circuler à droite, sauf exceptions signalées par des panneaux de navigation – voir code de navigation).
  • Respecter le plan de circulation du bassin (celui-ci doit être affiché sur tous les lieux de pratiques). Chaque rameur arrivant pour la première fois sur un plan d’eau doit s’enquérir des règles de circulation ;
  • Participer avec le barreur au contrôle de l’évolution de l’embarcation, surtout pour les bateaux longs (action particulière du chef de nage et du rameur de proue).

En cas de collision, un constat sera établi (comme pour un accident de la circulation routière) et le partage des responsabilités tiendra compte de ces différents éléments. Les accidents entre deux bateaux d’aviron ont souvent de lourdes conséquences à cause de l’imprévisibilité des chocs (le rameur tourne le dos au sens de déplacement), des parties saillantes que présentent l’étrave, les portants et les palettes et de la vitesse de déplacement.

Les conditions atmosphériques

De mauvaises conditions atmosphériques rendent très dangereuse toute sortie en bateau, quel que soit le niveau des rameurs. Seul le responsable décide si la sortie peut avoir lieu ou non. La sécurité des rameurs dont il a la charge doit guider son choix. Cette suspension peut être totale ou partielle. Certaines sorties peuvent être interdites pour les débutants alors que des rameurs plus expérimentés sont autorisés à sortir. Dans certains cas, seules les sorties en yolettes (considérées comme plus stables et passant mieux la vague) sont possibles. Il faut également savoir anticiper les conditions météorologiques. Le temps peut changer rapidement, le vent et les vagues se lever en quelques minutes et un orage éclater. Il faut donc en permanence naviguer à proximité des berges, surtout sur les lacs et en mer, et interrompre éventuellement la sortie. Si le temps se dégrade trop rapidement et s’il n’est pas possible de regagner le garage à bateau, il faut trouver un abri (espace abrité, pont, berge permettant l’accostage, etc.) et attendre en toute sécurité des conditions plus clémentes ou les secours. Les conditions atmosphériques à prendre en compte sont les suivantes :

  • Le vent : il génère des vagues et rend la navigation difficile. Son déclenchement est souvent subit et imprévisible ;
  • Les orages : ils entraînent souvent des coups de vent violents. Les risques dûs à la foudre sont accrus sur l’eau ; l’utilisation de matériaux composites accentue le danger ;
  • Le brouillard : il rend difficile l’orientation. Les obstacles deviennent invisibles. En cas d’accident, les secours sont ralentis ;
  • La nuit : le règlement de sécurité de la FFSA interdit toute sortie de nuit (sauf autorisation spéciale des autorités compétentes: préfecture, service de navigation…) ;
  • Le froid : il réduit sensiblement le temps de survie en cas d’immersion dans une eau à basse température suite à un chavirage ;
  • Les crues : l’augmentation du courant et des remous rend la navigation dangereuse. Les objets flottants qui sont charriés accroissent les risques de chavirage et de collision.

Les consignes à propos du charivage

La plupart du temps, les chavirages sont sans conséquence. Mais, dans certaines circonstances, ils peuvent rapidement tourner à la catastrophe. Puisqu’il n’est jamais possible d’éviter totalement qu’ils se produisent, il faut adopter une attitude de prévention: prendre des précautions et donner des consignes précises.

Aux initiateurs

Vos rameurs savent-ils nager ?

Les règles de sécurité de la FFSA obligent les rameurs et les barreurs à être capables de nager 25 mètres et de s’immerger. Une attestation d’aptitude est demandée aux pratiquants majeurs ou au représentant légal pour les mineurs. Ce sont les règles minimums imposées par notre règlement de sécurité.

En plus de cette disposition légale, vous pouvez vous assurer que vos rameurs, notamment les jeunes, sont capables de nager avec des habits d’entraînement, en milieu naturel ou en piscine. Vous pouvez par exemple organiser quelques tests d’évolution aquatique en piscine lors d’une séance en début d’année. Ceux-ci n’ont aucun caractère obligatoire ou officiel, mais ils vous renseignent sur les capacités effectives de nageur et vous permettent ainsi de mettre en place la sécurité adaptée pour chacun.

Quelle est la condition physique de vos rameurs ?

Le développement de l’aviron le rend accessible au plus grand nombre et à un public occasionnellement sportif.

En cas de chavirage, la condition physique joue un rôle important. Il vous faut donc respecter quelques règles essentielles :

  • Évaluez le niveau physique de chacun ;
  • Évaluez le niveau de pratique de chacun pour leur confier les bateaux les mieux adaptés ;
  • Faites systématiquement effectuer, avant chaque sortie, un échauffement à terre, même de quelques minutes ;
  • Évitez de faire ramer les gens à jeun ou après un repas copieux ;
  • Imposez le port d’une casquette et interdisez la pratique torse nu par temps ensoleillé.

Quelle démarche devez-vous suivre ?

En toute circonstance :

  • Sortez le bateau de sécurité et mettez en marche le moteur, avant toute mise à l’eau des bateaux d’aviron ;
  • Gardez pendant toute la séance vos rameurs en contact visuel.

En cas de chavirage :

  • Intervenez rapidement (en pensant à couper votre moteur à proximité de l’embarcation retournée pour ne pas blesser les rameurs avec l’hélice). N’oubliez pas que, dans une eau à 3 ou 4 degrés, le temps de survie d’une personne n’est que de quelques minutes ;
  • Portez d’abord secours aux rameurs avant de vous occuper du matériel ;
  • Prévenez les secours le plus rapidement possible si vous jugez que les circonstances l’exigent.

Aux rameurs

  • Naviguez à proximité de la berge ;
  • Ne cherchez jamais à la rejoindre à la nage en cas de chavirage, même si elle paraît relativement proche. Sur l’eau, il est très difficile d’estimer les distances. De plus, il n’est pas facile de nager tout habillé dans une eau plus ou moins froide en ayant déjà produit un effort physique. Les circonstances sont donc inhabituelles et n’ont rien à voir avec une séance en piscine. Nul n’est à l’abri d’une défaillance, même le meilleur nageur ;
  • Ne quittez jamais votre embarcation mais hissez-vous sur la coque retournée. Il faut se servir de celle-ci comme d’un flotteur en maintenant la poitrine hors de l’eau pour lutter contre le froid. Ces simples recommandations permettent d’attendre les secours en toute sécurité, même dans de mauvaises conditions climatiques ;
  • Ne cherchez à regagner la berge que si personne ne peut vous porter secours. Dans ce cas servez-vous de l’embarcation ou des avirons comme flotteurs. Déplacez-vous avec des battements de pieds ou en «ramant» avec les mains. Les seules raisons qui justifient de partir à la nage pour rejoindre la berge sont un bateau qui dérive et qui se rapproche d’un danger immédiat et important: barrage, pile de pont, bateau commercial…

Aux barreurs

Pour ne pas rester bloqué dans l’embarcation retournée :

  • Ne passez jamais les tire-veilles autour de votre corps au risque de ne pas pouvoir vous dégager ;
  • Ne portez jamais de gilet de sécurité, lorsque vous êtes placé à l’avant, car la réserve de flottabilité vous plaque au bateau et vous empêche de vous dégager.

Parce que le barreur est souvent handicapé par une surcharge vestimentaire le protégeant du froid et de la pluie, les rameurs doivent vérifier après un chavirage :

  • Qu’il s’est bien dégagé ;
  • Qu’il peut se hisser comme eux sur la coque ;
  • Qu’il peut se séparer, en cas de nécessité, d’une partie de sa tenue (bottes, ciré, gants, anorak…) pouvant l’entraîner vers le fond.

L’équipement des bateaux

Votre matériel doit être conforme au règlement de sécurité de la FFSA et en bon état pour minimiser les risques.

Il faut, de plus, faire respecter quelques règles pour éviter d’aggraver les risques en cas de chavirage.

  • Apprenez à vos rameurs à ne pas trop serrer les lacets des chaussures ou les velcros pour que les pieds ne soient pas bloqués. Les chaussures retiennent le rameur à son embarcation, mais il doit pouvoir s’en dégager rapidement, en toutes circonstances. La cordelette fixant le talon à la planche de pieds, rendue obligatoire par le code des courses, est là pour faciliter cette manœuvre sans l’aide des mains ;
  • Apprenez à vos rameurs à vérifier la fermeture des trappes et des bouchons. Des trappes, placées dans chaque pointe, permettent d’aérer les embarcations entre chaque sortie. Elles doivent être fermées correctement avant d’embarquer, pour que le bateau ne coule pas en cas de chavirage et qu’il joue pleinement son rôle de flotteur permettant aux rameurs d’attendre les secours en toute sécurité.

IMPORTANT !

Lors d’un chavirage, ces consignes sont à respecter impérativement :

  • Ne pas paniquer ;
  • Vérifier que tout le monde a refait surface, en particulier le barreur ;
  • Rester accroché au bateau ou aux avirons ;
  • Garder la poitrine hors de l’eau ;
  • Ne pas tenter de partir à la nage même si on est bon nageur ;
  • Ne quitter son embarcation qu’en cas de danger pressant (dérive vers un barrage, un pont, une péniche…).